Aimeriez-vous changer le monde?
Aimez-vous la politique?
La réponse pour environ 80% de la population est : oui et non.
La plupart des gens souhaiteraient changer le monde pour le mieux s’il en avait les moyens, ou du moins, aimeraient vivre dans un monde meilleur. Quant à la politique, malheureusement, il est de notoriété publique qu’à part les politiciens, presque tout le monde la déteste. Et pourtant, la politique n’est-elle pas un des outils les plus décisifs pour effectuer des changements dans le monde? N’influence-t-elle pas notre quotidien et notre avenir, et celui de tout ce qui nous tient à cœur, de mille et une façons? La politique est un mal nécessaire pour vivre en société, et elle ne sera jamais parfaite, puisqu’elle est faite par des humains pour des humains. Puisqu’on ne peut pas changer l’humain, il est essentiel de se doter d’institutions politiques démocratiques justes, équitables, représentatives, cohérentes et efficaces. Lorsque l’on regarde le travail de nos élus à l’Assemblée nationale, il faut bien admettre qu’on est souvent très loin de la cohérence et de l’efficacité. Des réformes en profondeur s’imposent, mais lesquelles, et comment y arriver?
Le Projet Gouvernance tentera de répondre à des questions simples mais incontournables pour mieux comprendre les enjeux et pour, dans un deuxième temps, proposer des solutions concrètes.
Qu’est-ce qui déplaît tant aux citoyens à propos de la politique? Les promesses non tenues? Les promesses irréalisables? La langue de bois? Les discours qui ne font pas appel à l’intelligence? La corruption? Les scandales? Le manque de transparence? Les jeux politiques? Le mensonge? Une ou deux de ces choses? Toutes ces choses?
Une seule phrase résume tout le malaise et l’irritation ressentis par la population : la partisanerie érigée en système.
Nos institutions politiques sont très vieilles, elles datent d’une autre époque. Pour les réformer il faut que le parti politique au pouvoir accepte de le faire, et comme toutes réformes menacent les acquis des partis politiques, le statu quo est perpétuel.
Pourtant dans notre société, et particulièrement depuis une génération, beaucoup de choses ont changé. L’économie, la mondialisation, les pratiques de gestion, l’éthique, la technologie, l’environnement, le climat, l’alimentation, la médecine, la santé, l’espérance de vie, le nombre d’enfants par famille, et tant d’autres domaines. Notre mode de vie est transformé depuis l’invention de la télévision, comme le souligne Al Gore dans son livre La Raison assiégée. Tout change autour de nous sauf… la politique, figée dans le temps.
Le Projet Gouvernance tente de comprendre la problématique reliée aux difficultés que représentent toutes réformes des institutions politiques, ne serait-ce par exemple que l’introduction d’un mode de scrutin plus proportionnel, pourtant souhaité par plus de 75% des citoyens.
Par définition, partisannerie signifie affrontement et opposition, en soi une énergie qui ne fait pas avancer les choses, mais plutôt qui stoppe le progrès, freine l’action et l’élan vers des changements positifs. Alors pourquoi ne pas éliminer ou réduire la partisannerie dans notre modèle de gouvernance?
Le temps ne serait-il pas arrivé d’effectuer des réformes en profondeur. De réexaminer les fondations de notre système politique? Et surtout de nous poser cette question fondamentale : est-ce une bonne idée de confier la gouvernance d’un pays ou d’une province à un parti politique et de concentrer le pouvoir dans les mains de quelques individus?
Questions faciles, réponses complexes…
Ces questions sont au cœur du Projet Gouvernance et elles sont posées à des spécialistes en science politique, des historiens, des chroniqueurs politiques, des universitaires et à des politiciens actifs et retraités.
Aurons-nous un jour le courage et l’ambition d’apporter les modifications qui s’imposent à notre système politique afin que les générations qui nous suivent se reconnaissent dans nos institutions et se sentent interpellées par la vie politique afin que nous puissions vivre dans un monde meilleur?
François Bérubé
Montréal